Leymah Gbowee, une force infinie

 

Il existe parfois des personnes dans l’Histoire qui s’illustrent par leur résilience et force de caractère. L’une d’elles est Leymah Gbowee, la guerrière de la paix. Militante des droits des femmes au Liberia et prix Nobel de la paix en 2011, ce prix vient couronner son long combat pour le retour de la paix dans son pays après de longues années de guerre civile. Retour sur les étapes marquantes de la vie de cette femme d’exception.

 

Jeunesse et début de son engagement féministe

 

Le Libéria est un pays d’Afrique de l’Ouest fondé par d’anciens esclaves Américains. En 1980, le général Samuel Doe s’empare du pouvoir via un coup d’Etat et ordonne l’exécution de l’administration Tolbert, président de l’époque. En 1989, c’est à son tour d’être renversé par Charles Taylor chef d’un groupe de rebelles. Cette guerre civile ravagea le pays. En effet, de 1989 à 1996, l’ONU dénombra plus de 150000 personnes tuées et près de 850000 réfugiés.

 

Leymah Gbowee née en 1972, grandit dans une culture à la fois Américaine et Libérienne. A seulement 17 ans, lorsque la guerre se déclenche, elle est contrainte de fuir le pays avec sa famille et de se réfugier au Ghana où elle vit dans des camps précaires. Mère de deux enfants et victime d’abus de son mari violent et alcoolique, elle fuit pour les mettre à l’abri et décide, malgré les dangers de la guerre, de regagner son pays natal. Elle y découvre le programme de l’UNICEF qui forment des assistants sociaux afin de s’occuper des victimes de guerre. En écoutant les femmes victimes de viols et mutilations, elle prend conscience de l’horreur qui se déroule sous ses yeux. Elle reprend ses études et décroche ses diplômes dans des universités du Libéria, en Virginie aux Etats-Unis, ainsi qu’au Cameroun. En 2003, elle fonde le mouvement Women of Liberia Mass Action for Peace et unit les femmes musulmanes et chrétiennes de Monrovia et organise des marches pacifiques. Toutes vêtues de blancs, elles traversent la ville en chantant, dansant et priant pour la chute du régime Taylor. Dans la foulée, elle initie une grève du sexe afin de mettre la pression aux hommes et cesser la guerre civile. Ainsi, Charles Taylor accepte finalement de participer aux négociations de paix organisées par l’ONU au Ghana. Le mouvement se déplace au Ghana et continue d’exercer une pression sur le gouvernement libérien pour qu’il accepte l’accord de paix. Deux cents femmes entouraient la salle, vêtues de blanc, dominant la conversation. Chaque fois que les négociateurs ont tenté de partir, les femmes ont menacé de se dévêtir (invoquant ainsi la tradition libérienne selon laquelle une femme en colère jette une malédiction en se mettant à nu devant l’homme qui l’y a poussé). Enfermés dans la pièce avec les femmes, les hommes essayaient de sauter par la fenêtre pour échapper à leur conversation. Mais les femmes ont persisté, organisant un sit-in à l'extérieur du palais présidentiel. Elles ont bloqué toutes les portes et les fenêtres et ont empêché quiconque de quitter les pourparlers de paix sans un accord.

 

 « Dans le passé, elles se taisaient, mais après avoir été tuées, violées, déshumanisées et infectées par des maladies, la guerre leur a appris que l'avenir consiste à dire non à la violence et oui à la paix. »

 

 Image issue du film Pray the devil back to Hell qui retrace l’histoire du mouvement

 

Un nouveau départ pour le Libéria et la reconnaissance de l’impact de Leymah

 

Ce mouvement de paix féministe joue un rôle clé dans le processus de paix et aboutit le 11 août 2003 à la démission de Charles Taylor. Ce processus de paix contribue à l’élection de la première femme présidente d’une nation africaine, Ellen Johnson Sirleaf au Libéria en 2006. Cette dernière lui propose un poste au gouvernement mais elle refuse pour rester sur le terrain et continuer à inspirer les jeunes femmes. La même année, elle participe à la création du Réseau des Femmes pour la Paix et la Sécurité en Afrique – Women Peace and Security Network Africa (WIPSEN-A) – afin de permettre aux femmes et aux jeunes filles d’être des actrices de paix en Afrique. Le réseau s’étend au-delà des frontières du Libéria, jusqu’au Ghana, Côte d’Ivoire, Sierra Leone et bien d’autres pays de la région. Cette organisation se spécialise dans le maintien de la paix et la promotion du leadership féminin. Leymah Gbowee y occupa le poste de directrice exécutive durant 6 ans. Elle inspire notamment Aya Virginie Touré qui mène un combat similaire en Côte d’Ivoire en 2010-2011 afin de mettre fin à la seconde guerre civile dans son pays.

 

En 2011, Sirleaf, Gbowee et Tawakkul Karman du Yemen, activiste pour les droits humains, se voient décerner le prix Nobel de la paix pour avoir « mobilisé et organisé les femmes au-delà des lignes de division ethniques et religieuses afin de mettre fin à une longue guerre au Liberia et assurer la participation des femmes aux élections ».

 

De gauche à droite : Tawakkul Karman, Leymah Gbowee, Ellen Johnson Sirleaf

Photo : Nobelprize.org

 

 

 

Sources :

 

https://www.babelio.com/auteur/Leymah-Gbowee/243703

https://dailygeekshow.com/leymah-gbowee-guerriere-afrique/

https://citoyennes.pressbooks.com/chapter/leymah-gbowee-liberia/

 

 

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