Nigéria : Boko Haram, l’autre visage d’un tragique 7 janvier

28/01/2015

 

  Alors que les récents attentats commis à Paris les 7, 8 et 9 janvier 2015 ont provoqué une rare vague d’indignations à travers le monde, ces derniers ont également été à l’origine d’un contraste saisissant entre les différentes façons avec lesquelles les peuples sont affectés par l’horreur. 

Les 7 et 8 janvier 2015, le Nigeria était lui aussi confronté à la barbarie. L’organisation terroriste Boko Haram massacrait en deux jours 2000 civils dans le nord du pays, décimant ainsi un nouveau village et continuant de reprendre la terreur. Albert Camus n’aurait sans doutes pas manqué de qualifier ce contraste entre la perception de ces deux tragédies, d’absurde. Car en effet, médias, réseaux sociaux et grands défenseurs de la liberté présents au premier rang de la manifestation parisienne du 11 janvier 2015 se sont fait pour le moins discrets à ce sujet. Comme si, pour une raison ou pour une autre, il existait une graduation quant à la valeur d’une vie humaine.

 

 

La communauté internationale résignée

 

  Fondé en 2002 par Mohamed Yusuf, la secte Boko Haram prône l’application de la charia au Nigéria. Très active dans le Nord-Est du pays, elle a suscité de vives réactions après le rapt de 276 lycéennes le 14 avril 2014 à Chibok.  L’escalade des violences au cours de ces deux dernières années qui s’est traduite par des dizaines de massacres et des milliers de morts a laissé la communauté internationale impuissante. L’armée nigériane éprouve également les plus grandes difficultés à lutter contre la gangrène Boko Haram qui dispose d’un réseau désormais largement déployé sur les plans humains et logistiques. Tant et si bien qu’une partie du territoire nigérien semble à présent échapper au contrôle des autorités.  

 

 Zones d'action de Boko Haram au Nigéria

 

 

Vers une coalition africaine ?

 

  Le 18 janvier 2015, le président tchadien, Idriss Déby, appelait à l’unité des pays africains dans l’engagement contre le groupe terroriste afin de « faire face à cette nébuleuse Boko Haram et montrer ainsi à la face du monde que l’Afrique est capable de résoudre ses problèmes. » La Russie a quant à elle assuré à l’armée Camerounaise, autre pays limitrophe directement concerné, qu’elle lui fournirait des armes de pointe pour soutenir son action.

 

  Suite aux attentats parisiens, le président français François Hollande a publiquement déclaré regretter la non-intervention de la communauté internationale en Syrie. Certes, la donne semble différente concernant la situation Nigériane, où une coalition africaine pourrait se former. Mais, différent, le contexte l’est également. La lutte contre les organisations terroristes s’intensifie à travers le monde et à l’instar de la Russie, d’autres pays non africains pourraient faire le choix de soutenir une intervention et ce de manière directe ou via un appui logistique.

 

Edito 18 mars 2015 : le gouvernement Nigerian annonce avoir repris le contrôle de 36 villes occupées.

 

18/01/2015 par Célestin MAUPAS

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