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  • Pierre-Louis Bordereau et Marie Hervouet

Résumé de l'été 2023

Eloigné(e) de l'actualité internationale pendant l'été ? Pierre-Louis Bordereau et Marie Hervouet vous présentent cinq actualités qui ont marqué la période estivale.


Russie : la mort de Prigojine, chef de Wagner

Crédit : Press service of the Concord company ; https://en.wikipedia.org/wiki/en:GNU_Free_Documentation_License ; pas de changement réalisé

Le chef de la milice Wagner, Evguéni Prigojine, est mort le mercredi 23 août à la suite du crash de son avion dans la région de Tver, à environ 180 kilomètres au nord-ouest de Moscou. Les circonstances de la disparition de celui qui a défié en juin le régime de Poutine restent troubles.


Prigojine est un personnage au parcours atypique. Délinquant durant la période soviétique, il monte par la suite un groupe de restauration et compte parmi ses clients le Kremlin. Ses liens avec le pouvoir lui valent le surnom de « cuisinier de Poutine » ainsi que la réputation d’être devenu milliardaire grâce aux contrats publics. Sa fortune faite, il fonde le Groupe Wagner, une milice regroupant des vétérans issus des rangs de l’armée et des services spéciaux russes.


Le Groupe Wagner a joué un rôle crucial lors de la guerre en Ukraine. La milice s’appuie sur des dizaines de milliers de prisonniers russes pour grossir ses rangs et appuyer l’armée russe en difficulté. La percée a lieu en mai 2023. Au terme d’une année de combats, Prigojine revendique la prise de Bakhmout, offrant une rare victoire pour la Russie.


Toutefois, les dissensions entre Wagner et le gouvernement russe existent. Prigojine, encore auréolé de la prise de Bakhmout, orchestre une rébellion contre l’état-major russe et le ministre de la défense, Sergueï Choïgou, en prenant la ville de Rostov et en s’avançant vers Moscou. Son acte rebelle n’aura duré que vingt-quatre heures.



Afrique : "l'épidémie de putschs" se poursuit


Crédit : Lukasz Kobus, https://audiovisual.ec.europa.eu/en/photo/P-060245~2F00-03

Deux coups d’Etat ont secoué le continent africain cet été : l’un au Niger, l’autre au Gabon. Cette “épidémie de putschs”, termes employés par Emmanuel Macron lors de la conférence des ambassadeurs, bouscule la diplomatie française. Il s’agit en effet des septième et huitième coups d’Etat en Afrique depuis août 2020, principalement en Afrique francophone (Niger, Gabon, Burkina Faso, Mali, Guinée, etc.).


Au Niger, le 26 juillet, les militaires renversent le président Mohamed Bazoum et le général Abdourahamane Tiani s'imposent comme le nouvel homme fort du pays. Cette prise du pouvoir n’est pas sans conséquences. La communauté internationale, au premier de laquelle figure la CEDEAO, a vivement réagi à ce coup d’Etat : sanctions économiques, fermeture des frontières et suspension des aides par les bailleurs de fonds entre autres.


Au Gabon, le président Ali Bongo, à peine réélu, s’est fait renverser le 30 août par un groupe de militaires. Ces derniers ne reconnaissent pas la légitimité des résultats du scrutin qu’ils estiment “tronqués”. Ce coup d’Etat met ainsi fin à 55 ans de règne de la famille Bongo, famille proche du pouvoir français et vue comme symbole de la “Françafrique”. Ce coup d’Etat a, comme dans le cas nigérien, été condamné par la communauté internationale : l’UA (Union africaine), l’ONU, la France, etc.



Etats-Unis : procès de Donald Trump


Photo de Library of Congress sur Unsplash

C’est LA news politique qui a secoué et qui continue de secouer les Etats-Unis, les condamnations multiples de Donald Trump s'enchaînent depuis quelques mois, et ce en pleine primaires pour le Parti Républicain, où D. Trump est candidat à sa propre réélection. Au total, l’ancien président est jugé sur six dossiers différents, à la fois au pénal et au civil. Le dossier le plus important est évidemment l’accusation d’avoir manipulé les résultats de l'élection américaine de 2020 et l’assaut du Capitole dont il s’est rendu complice. Les sentences des Proud Boys, organisation néo-fasciste, sont tombées cet été avec dans le viseur les procès de Donald Trump, dont les liens avec l'organisation sont avérés.


Donald Trump a ainsi pendant l’été été le premier président de l’histoire des Etats-Unis à être pris en photo officielle par la police (mugshot) ainsi que le premier président à avoir dû payer une caution lui permettant de rester libre. Au-delà des poursuites fédérales pour son rôle dans la contestation de l’élection de 2020, il est aussi poursuivi pour de nombreuses malversations financières: il sera par exemple jugé en octobre avec ses fils sur une série d’opérations frauduleuses, notamment des fausses déclarations de fortune pour obtenir des crédits plus importants et plus avantageux, avec des hausses fictives montant jusqu’à 3.6 milliards de dollars.



BRICS : les 5 Etats invitent 6 nouveaux Etats à les rejoindre


Crédits : BRICS 2023, https://brics2023.gov.za/



Lors du dernier sommet des BRICS à Johannesburg, pour la première fois en 13 ans de nouveaux pays ont été intégrés au groupe des BRICS : Iran, Argentine, Égypte, Émirats Arabes Unis, Éthiopie et Arabie Saoudite sont donc les nouveaux venus dans ce groupe. Celui-ci totalise maintenant près de 40% de la population mondiale et représente ⅓ des richesses mondiales. Vu de loin, ces inclusions ressemblent à un succès, mais cache mal l’échec d’aller plus loin dans leur intégration et dans leur coopération. Les BRICS souhaitent représenter une alternative au monde occidental et représentent un pari sur l’avenir, où ils espèrent remettre en cause la domination de la diplomatie américaine, de l’euro et du dollar.


La surprise est la présence conjointe de l’Iran et de l’Arabie Saoudite, deux grands ennemis avant la médiation chinoise. Mais ces inclusions sont surtout pétro-gazières, afin de permettre de favoriser le développement des pays membres, et qui elles semblent aller à contre-courant des appels internationaux à limiter et réduire la consommation mondiale des hydrocarbures. Enfin cette ouverture fait des déçus, en premier lieu l’Indonésie (encore trop proches des Etats-Unis) et l’Algérie, dont le président avait multiplié les rencontres avec les anciens membres des BRICS, qui a finalement été doublée par “plus arabe, plus peuplé et plus riche qu’elle”, soit l’Egypte.



Cinéma : "Barbie" et "Oppenheimer", quand la géopolitique se mêle au cinéma

Crédit : ThreeOfCups

Les films “Barbie” et “Oppenheimer”, deux grands succès du box-office cet été, ont également fait l’actualité d’un point de vue politique voire géopolitique.


Film féministe, “Barbie” a provoqué la crispation du pouvoir dans plusieurs pays. Le film a ainsi été retiré des salles en Algérie, interdit au Koweït et au Liban, pour atteinte à la morale. Mais ce n’est pas tout. La comédie holywoodienne n’a pas été du goût des autorités philippines et vietnamiennes, en raison de la “ligne en neuf traits” qui apparaît sur une carte dans le film. Or, cette ligne, aussi appelée “langue de boeuf”, apparaît sur les cartes officielles de la Chine depuis plus de 80 ans, pour délimiter ses revendications en mer de Chine méridionale. Cette ligne englobe les îles Spratleys et Paracels, revendiquées par le Vietnam, la Malaisie et les Philippines pour les premières et par le Vietnam pour les secondes. C’est pourquoi, le Vietnam a interdit la diffusion de “Barbie”, les Philippines se contentant de flouter la très controversée carte.


Si le film “Oppenheimer” a été un succès planétaire, il a toutefois provoqué d’autres réactions au Japon, pays victime de la bombe atomique (Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945). Ce sont en particulier les mèmes et autres montages “Barbenheimer” qui font polémique au Japon. Les intellectuels et certains internautes s’inquiètent d’assister à une banalisation du drame nucléaire, en particulier chez la jeune génération japonaise. Il est « douloureux de constater que les jeunes n'ont aucune idée de l'atrocité de l'utilisation d'armes nucléaires contre des êtres humains », assure le sociologue à l'université d'Hiroshima, Luli van der Does.



Sources : Arab News, Le Monde, BBC News, Les Echos et l'IRIS

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