L'Etat islamique peut remercier Donald Trump

 

Contrairement aux faits et à l’avis de son administration, le président Trump a décidé que la guerre contre Daesh était finie. Du Nigeria à l’Afghanistan, en passant par la vallée de l’Euphrate, l’État islamique existe toujours, certes amoindri mais capable de frapper.

 

Depuis l’annonce surprise du retrait américain de Syrie le 20 décembre par le président américain, les représentants kurdes se précipitent dans les chancelleries européennes pour prolonger l’existence de la Coalition internationale contre Daesh. En vain, les Américains délaissent leurs alliés sur le terrain une nouvelle fois.

 

À Kobané en Syrie, symbole de la lutte internationale contre l’État islamique, les civils manifestent leur désaccord devant la base américaine et s’inquiètent des blindés turcs qui s’amassent à la frontière. Rien n’y fait. Les deux-mille soldats américains quitteront le Nord de la Syrie d’ici à la fin de l’année, puis sept-mille autres d’Afghanistan afin de rentrer au pays de l’Oncle Sam. Décision unilatérale du bureau ovale.

 

Jim Mattis, chef du Pentagone et général respecté de tous bords politiques, démissionne. Bachar al-Assad jubile, Poutine acquiesce, Rohani souffle, Erdogan menace et Abou Bakr al-Baghdadi ressurgit. Ce sont eux les nouveaux maitres des lieux.

 

 

Les Kurdes sont seuls, ou presque. Les Européens, dont les forces spéciales françaises, sont encore là. Ils quitteront eux prochainement les lieux. Le rêve d’union et d’autonomie sera bientôt brisé. La jeunesse kurde se bat et meurt sous les engins explosifs de l’EI. La Turquie voit en cette force grandissante une menace terroriste à sa frontière qui pourrait mobiliser la minorité kurde pour créer un État. Les milices djihadistes syriennes pro-turques lanceront bientôt leur offensive sur la partie Est du territoire kurde. Encore traumatisés par l’invasion d’Afrine par les forces pro-turques au printemps dernier, les Kurdes se défendront sans arme anti-aérienne mais avec les armes payées par l’OTAN. Paradoxe. Les combattants kurdes dégarniront le dernier front contre Daesh dans la vallée de l’Euphrate pour se défendre. Plus de deux-mille combattants islamistes sont encore présents. Plus de deux-mille menaces pour les pays occidentaux.

 

Pris en tenaille, les dirigeants kurdes feront probablement appel aux forces loyales de Bachar, les seules qui pourront à la fois les sauver et mettre fin à leur désir d’autonomie et de démocratie. Néanmoins, plusieurs questions inquiètent les pays occidentaux. Qui pour finir le travail entamé contre Daesh ? Quel sera l’avenir des prisonniers djihadistes, nationaux ou étrangers, aux mains des Kurdes ? Seront-ils libérés pour affaiblir la rébellion comme l’avait fait Bachar en 2013 ou pour déstabiliser l’Occident ?

 

Sources :

https://syria.liveuamap.com/

https://www.courrierinternational.com/article/vu-de-turquie-le-retrait-americain-de-syrie-une-surprise-de-taille

https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/19/syrie-donald-trump-envisage-un-retrait-rapide-des-troupes-americaines_5399950_3210.html

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